La Chambre → Col de la Madeleine · 19,3 km sans un mètre de plat
Bien avant le bitume, la Madeleine n'était qu'un chemin muletier, le raccourci le plus court entre la Maurienne et la Tarentaise. Les moines de l'abbaye de Tamié y menaient leurs troupeaux dès le XIIe siècle depuis les alpages de Celliers, et en 1792 les troupes du général Kellermann le franchissaient lors de la conquête de la Savoie.
En 1949, le département décide de transformer ce passage stratégique en vraie route goudronnée. Le chantier durera vingt ans. La route est inaugurée le 6 juillet 1969, et deux jours plus tard seulement, l'asphalte encore neuf voit débarquer les 111 coureurs du Tour de France, étape Chamonix–Briançon, sous des averses de neige. L'Espagnol Andrés Gandarias passe le premier au sommet, devant Paul Gutty et Raymond Poulidor.
Depuis, la Madeleine n'a plus quitté la légende : hors catégorie depuis 1995, franchie une trentaine de fois par la Grande Boucle. Seule traversée routière du massif entre les deux grandes vallées savoyardes, elle ne doit rien à son altitude, 1 993 m, et tout à sa pente : 19,3 km à près de 8 %, sans un replat pour souffler.
Le panneau planté au sommet annonce fièrement 2 000 mètres. La Madeleine culmine en réalité à 1 993 m, sept mètres qui la privent du club très fermé des « 2000 », et que les cyclistes ne lui pardonnent jamais tout à fait. La tradition veut qu'on règle l'affaire en les rajoutant à la main sur la terrasse de La Banquise, le bistrot du col.
Ton exploit gravé dans le métal
19,3 km, 1 522 m de dénivelé, pas un mètre de plat. Ton nom à côté des 1 993 mètres de la Madeleine.